Pourquoi ouvrir une boulangerie dans une pente à 12 %
Les livreurs nous détestent, les chariots roulent tout seuls, et on ne changerait de rue pour rien au monde. Petit plaidoyer pour la géographie lausannoise.

Toutes les personnes raisonnables nous l'ont dit : ne prends pas un local dans le Petit-Chêne. Les livraisons sont un cauchemar, le trottoir est étroit, et personne ne s'arrête quand il monte une côte à 12 %.
Sauf que si. On s'arrête précisément parce qu'on monte. À mi-pente, on a le souffle court et une excellente raison de pousser une porte qui sent le beurre chaud.
Le local lui-même est bâti de travers : le sol descend de onze centimètres entre le fournil et la caisse. On a calé le pétrin avec trois plaques de zinc et on a laissé le reste pencher. Le comptoir est en pente. Les étagères sont en pente. Une fois qu'on l'accepte, c'est très reposant.
Notre menuisier a fini par nous fabriquer des plateaux à rebord haut côté aval. Ils sont devenus notre signature involontaire, et depuis, deux cafés du quartier nous en ont commandé.
Écrit au fournil, entre deux fournées
Grain de Pente, rue du Petit-Chêne 42
À lire ensuite